Née aux Îles de la Madeleine en 1967, Mme Odette Leblanc a grandi dans une famille de chasseurs de loups-marins et de pêcheurs de homard. Grâce à ce foyer madelinot ou  des valeurs fondamentales comme le respect, l’amour et le goût du travail bien fait ont primé, Odette a pu développer ses capacités  artistiques. Il est dès lors facile de comprendre que l’un de ses frères l’ait inspirée à se tourner vers le loup-marin comme matière première à utiliser dans l’expression de ses talents.  Rosaire, le chasseur de loups-marins, diversifiait ses opérations en développant le métier de tanneurs de peaux de loups-marins. Odette lui confectionne ses premières pièces de fourrure: une veste sans manches, un chapeau et des mitaines. Et voilà qu’une passion est née! Avec plus de dix-huit ans d’expérience et  toujours aussi passionnée, vous pouvez admirer tout le talent de Mme Leblanc.

D’abord autodidacte, Odette va s’exiler  pour suivre une formation de trois ans à Québec, en design de mode, en 1987. Au début de 1990, s’étant beaucoup ennuyé de sa famille et de ses Îles, elle revient au bercail s’établir pour démarrer son  entreprise: « Les Cuirs ODY-C », qui fabrique des vêtements et  des accessoires en fourrure et cuir de loup-marin. Au cours des cinq années qui ont suivi, Odette se surprend des proportions toujours grandissantes que prend son entreprise, et, par la force des choses, elle se porte à la défense de la tradition madeleinienne  de la chasse aux loups- marins. Elle adopte alors la stratégie de rester une artisane, de demeurer dans son patelin et d’y élever sa famille, évitant ainsi le stress des grandes entreprises et des grands centres. Mais, ce désir ne durera pas longtemps car, jusqu’en 1995, son entreprise de grandir et le succès est tel, qu’elle doit engager d’autres couturières et agrandir son atelier.

L’année 1995, fût pour Odette une année charnière: on lui décerne le prix Maria Patton, soulignant son implication, sa détermination et sa persévérance  en tant que femme d’affaires des Îles. Elle reçoit également la bourse Georges Farrah, qui lui permet d’aller suivre  un stage de deux semaines en design de la fourrure au Centre  de Design International Saga, au Danemark. Le prix de la Petite Entreprise Touristique, obtenu de Tourisme Québec suite à la saison estivale, pour l’opération de sa boutique sur le site historique de la Grave, à Havre Aubert. Enfin elle remporte le Concours ATI, dans le cadre du programme d’aide aux travailleurs indépendants.

En novembre 1997, Odette est invitée à participer à La Semaine Internationale du Loup-Marin, à St-Jean, Terre-Neuve, où 15 pays sont représentés. Le premier défilé de mode du loup-marin au monde s’y déroule et la collection de Mme Leblanc y est présentée, en compagnie de six autres designers mondiaux. En 1998, l’équipe de l’association des chasseurs de Terre-Neuve l’invite à nouveau, pour qu’elle participe, cette fois, à trois défilés de mode Canadiens: à Montréal, Toronto et Calgary.

Devant un tel succès grandissant trop vite, et vivant tout le stress et les problèmes qui venaient avec, et après avoir fait quelques tentatives d’expansion à l’extérieur des Îles, sans succès, elle décide de restructurer son entreprise et passe à un niveau de plus petite production, et en tant que travailleuse autonome. En 1999, Mme Leblanc se joint à l’équipe du Club Vacances de Grande-Entrée ou elle expose ses produits parmi d’autres à la boutique de la Pointe, sur le quai à Grande-Entrée. À l’été 2001, on pouvait visiter son atelier saisonnier au second étage de cette boutique, un concept qui permettait à celle-ci de rester proche de sa clientèle, tout en lui donnant la chance de «chasser» les préjugés tenaces entretenus envers la chasse aux loups-marins, grâce à son franc parlé des Îles. Ce projet d’atelier durera cinq ans car au printemps 2006, Odette ouvre un deuxième point de vente chez elle, dans sa résidence à Pointe aux Loups, connu sous le nom de « La Maison du Loup-Marin.» Il s’agit d’une petite boutique, avec un   atelier de production.

Aujourd’hui, en 2009, après dix-huit ans d’expérience, elle réalise enfin son beau  projet de ce site Internet, et elle désire encore se trouver des points de vente à l’extérieurs des Îles car, grâce à ce site, elle prévoit une demande grandissante de ses produits sur les marchés canadiens. Même si Mme Brigitte Bardot a gagné sa bataille en Europe, Mme Odette Leblanc poursuit sa mission du départ: elle désire toujours mettre les pendules à l’heure, et rectifier les informations fausses et biaisées qui circulent sur la chasse aux loups-marins aux Îles de la Madeleine. Même si elle a reçu  une multitude de courriers haineux, de partout à travers le monde, la passion de son métier l’habite toujours et elle n’a pas l’intention d’abandonner.
Mme Leblanc tient à remercier tout ceux et celles qui, depuis ses débuts en 1991, l’on appuyée et encouragée à persévérer d’une manière ou d’une autre car, ce qui est encourageant est de savoir qu’il reste encore des gens de notre côté, et Dieu Merci!